Mercredi 18 janvier 2012
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... comme tant d'autres dans ce pays.
L'histoire avait pourtant bien commencé, il y a 64 ans. Une famille décide d'exploiter un
hôtel-restaurant à Charquemont, une petite bourgade du Haut-Doubs .
Les années ont passé, la famille est restée. L'affaire s'est transmise de génération en génération.
Tradition, respect du travail bien fait.
Modernisation au fil des époques.
Et puis, des évolutions de plus en plus rapides. Des habitudes qui se modifient, une région qui se vide, peu à peu, lentement, inéluctablement de ses touristes.
Il faut sans cesse faire des travaux, tout remettre aux normes, les nouvelles.
Emprunts, dettes, chiffre d'affaires qui peine à suffire. Pourtant l'affaire est bien gérée.
La ville aussi s'est modernisée, trois ans de travaux, au pied de l'hôtel, ce n'est pas rien !
Une jolie route, de nouveaux arbres, oui, mais pendant ce temps, le manque à gagner par la gêne occasionnée n'est pas compensé.
Et puis le Haut-Doubs c'est moins touristique que la haute montagne, il y a pourtant de la neige en hiver. Moins attrayant aussi que le bord de mer, c'est pourtant joli l'été.
Il y a du savoir faire, le restaurant est très fréquenté le midi, d'avril à octobre. Les menus séduisent.
Cela ne suffit pas, les charges ne prennent jamais de vacances, les patrons non plus d'ailleurs.
Il en faut du courage, de la ténacité !
Alors, pendant que nous allons chercher toujours plus, toujours plus loin, toujours moins cher, à côté de chez nous, dans l'indifférence, une époque, une culture, des
traditions disparaissent.
Cet hôtel est le dernier du canton. Il va fermer.
Toutes les tentatives pour le sauver, toutes les tentatives pour trouver du soutien ont échoué.
Si vous passez dans la région, ne tardez plus !
A moins que vous n'ayez envie d'investir, le bâtiment est à vendre, une presque bouchée de pain. Par chez moi, à ce prix là, on obtient à peine un F3 exigu.
Fin d'une banale histoire !
Situation ordinaire dans une époque que j'ai cru extraordinaire.
Quand nous prenons des congés en famille, nous faisons toujours le choix d'aller à la rencontre d'autres familles, à la ferme ou dans des gîtes, ou encore en camping, jamais à l'hôtel. Pourtant ce post montre bien qu'il y a encore des histoires belles qui finissent sans gloire, et que la sauvegarde des petites villes en campagne est urgente.
Espérons que la famille qui s'occupe de cet hôtel-restaurant saura trouver les ressources utiles pour rebondir et trouver un second souffle.
Belle journée chez toi Annie !
Merci Mike
En effet la Franche-Comté n'est pas assez connue du grand public et pourtant c'est une très belle région de France à toutes les saisons .... Propriétaire d'un gite en Franche-Comté, je constate que c'est de plus en plus difficile.
C'est malheureusement difficile dans beaucoup de régions, nous avons perdu la connaissance de notre pays en explorant le reste du monde.
Je suis originaire d'un village se situant à 8 km de là. Cette histoire me touche beaucoup; j'aimerais en savoir plus . Merci
Bonjour,
vous trouverez les coordonnées sous ce lien. Merci à vous
Merci pour vos commentaires. Nous sommes dans une région magnifique, malheureusement mon hôtel se trouve en centre de village ce qui touristiquement nuit à son occupation. Comme souvent les hôtels de centre ville disparaissent... j'ai résisté plus de 23ans, seul l'entreprise etait vouée à l'échec.
Bonjour ,
merci d'avoir posté cela mais ça reste quand même la chronique d'une mort annoncée et partout qu'elle que soit la region , dans quelques temps nous serons relegués au musée d'art populaire
Bonjour,
oui, mais je crois qu'il vaut mieux une mort annoncée que anonyme, voilà tout.
Je confirme que derrière des entreprises qui disparaissent se cachent des histoires de femmes et d'hommes. L'investissement humain et familial en regardant rétrospectivement ne vaut pas le coup. Pas de week end, pas de vie de famille, revenus alléatoires ou nuls, pas de vacances etc..
Voilà c'est vendu... 137 ans d'histoire vont passer aux oubliettes. 64 années où il a été exploité par ma famille. Il sera transformé en appartements 12 T3. Il ne restera plus que la boulangerie et un cabinet d'assurance... le petit café, liquidé en moyenne tous les deux ans depuis 1984, d'en face est condamné à très court terme... ainsi va la vie du village le plus riche du haut doubs et qui compte le plus de contribuables à L'ISF du doubs
Bonjour Eric,
oui, Sévérin me l'a appris hier. Il va pouvoir tourner la page, mais quelle page...
Fin d'une époque.