Mardi 24 mai 2011
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J’ai eu une idée amusante.
Non, une idée étrange.
Pendant longtemps j’ai été salariée du secteur privé et mes amis fonctionnaires me trouvaient courageuse d’aller d’emplois en emplois dès que je me lassais. Selon eux, je vivais dans la plus
parfaite insécurité. Financière, s’entend.
De mon côté, je les admirais d’être capables de subir des hiérarchies et des organisations sans aucun espoir de pouvoir, à un moment donné, faire un choix personnel.
Et puis, je suis devenue entrepreneur. Cela représentait,
pour moi, l’insécurité extrême. Selon les situations, le système français permet d’avoir un relais financier pendant quelques mois, un tremplin vers le statut de chef d’entreprise et donc vers
l’argent…
Une fois la décision prise de devenir entrepreneur, j’ai souhaité atteindre rapidement le tremplin. Je l’ai manqué. J’ai inexorablement glissé vers le RIEN, vers l’insécurité complète, sans aucun
revenu.
Ma première aventure d’entrepreneur est riche d’enseignements, de passions, de rencontres, de dépassement de moi, mais pas d’argent.
Me voilà revenue au point de départ.
Enfin pas tout à fait, car je n’ai plus d’emploi salarié. Je dois tout recommencer. Mais étrangement, je me sens toujours entrepreneur même sans entreprise. Comme un alcoolique qui aurait cessé
de boire. Comme un fumeur qui aurait arrêté de fumer.
Entrepreneur, dans mon âme, je reste. Ce que je pensais être de l’insécurité, est de la liberté. Il ne faut pas se méprendre, la liberté n’est pas facile à
appréhender. Elle a ses contraintes, et pourtant… mon âme d’entrepreneur souhaite la préserver.
C’est cela être entrepreneur. Ne plus chercher une vie parfaite, bien rangée, bien ordonnée, bien prévisible. Ne pas chercher la sécurité financière, même si elle est plus confortable.
Je sais que ces mots vont choquer les plus démunis. Ceux qui se battent au quotidien pour devenir salariés, ceux qui se battent pour survivre.
C’est ce que je fais aussi, mais d’une autre façon, avec un autre regard, certainement plus tolérant que celui que je pouvais avoir auparavant, avant d’être entrepreneur.
Vos petits mots...